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L'Attrait du Push ModelLaurent POULAIN |
| Retour au Sommaire | Le push model est l'un des nouveaux buzzword
à la mode. Et la bataille est rude pour savoir qui
va imposer son standard. A peine la guerre du HTML
vient-elle de se terminer que les deux géants du
browser Web, Netscape et Microsoft, commencent dés
à présent à se battre autour du push
model. Mais au delà de la bataille
perpétuelle entre ces deux compagnies, le push
model risque d'intéresser beaucoup de monde, en
particulier les compagnies liées au contenu plus
qu'au contenant.
Qu'est ce que le push modelLe push model pour comme image le serveur qui "pousse" l'information vers le client et non le client qui "tire" l'information du serveur, comme c'est le cas sur le Web. Alors que sur le Web, le client demande précisément les informations qu'il désire télécharger ("télécharges moi cette page-là"), le push model permet au client d'être plus vague dans ses requêtes ("télécharges moi les informations sur tel ou tel sujet"). Ici, c'est le serveur qui décide quelle information envoyer au client. La batailleLe premier à avoir mis en service le push model est PointCast. Le principe est simple: on télécharge et on installe un programme client gratuit. Pendant la configuration de ce programme client, on sélectionne les journaux qui nous intéressent et les rubriques de ceux-ci. Le choix est vaste et couvre la plupart des grands journaux américains, ainsi que des informations sur des compagnies cotées au Nasdaq. Lors de la remise à jour des informations, PointCast télécharge automatiquement les articles concernant les sujets désirés. Ces articles pourront ensuite être consultés off-line. PointCast gagne de l'argent par les publicités constamment renouvelées qu'il affiche sur son programme client. Du fait des limitations du browser Web, PointCast utilise un programme propriétaire shuntant celui-ci. Conscient qu'un programme Internet en marge du browser Web n'est pas une bonne chose pour eux, Netscape et Microsoft ne sont pas restés longtemps indifférents au push model, et ont tous deux annoncé leur propre norme de push model (respectivement NetCast et CDF) intégrée à leur futur browser Web. Microsoft compte proposer CDF au WWW Consortium alors que Netscape vient d'intégrer une version beta de NetCast dans son futur browser Web, Communicator. Comme un push model sans aucune information à pousser ne risque d'intéresser que peu de monde, tous deux ont évidemment commencé à chercher des compagnies liées au contenu désireuses de mettre en place des serveurs suivant leur norme respective de push model. Les enjeuxLes enjeux sont bien évidemment stratégiques, car Netscape et Microsoft on tous deux intérêt à tenir le haut du pavé en matière de normes Internet. Mais l'engouement dû au push model pourrait être bien plus terre à terre qu'au désir de simplifier l'accès à l'information. Car le push model est avant tout une centralisation du client/serveur dans la mesure où le serveur prend de plus en plus de décisions. Or peu d'architectures centralisées sont innocentes (voir à ce sujet le dossier Architecture centralisée vs. Architecture distribuée). Le push model possède la particularité de libérer l'utilisateur d'une partie du choix pour reporter celui-ci vers le serveur. L'utilisateur devenant de plus en plus passif, il est beaucoup plus facile de contrôler ce qu'il lit. Pourquoi ne pas par exemple intercaler au milieu de documents téléchargés une page entière de publicité liée au sujet que recherche le lecteur? Un autre intérêt du push model est qu'il facilite l'information payante qui a encore beaucoup de mal à être acceptée sur Internet. A l'heure actuelle, l'information payante sur Internet est protégée par un mot de passe. Mais rien n'empêche les clients de faire profiter à d'autres personnes de leur mot de passe. Ainsi, une compagnie peut se payer un abonnement et en faire profiter tous ses employés alors qu'il faudrait en théorie autant d'abonnements que de lecteurs. Si demain les implémentations du push model sont telles que c'est le serveur et non le client qui stocke les choix de l'utilisateur la fraude est plus difficile, car les fraudeurs sont alors obligés de télécharger à la fois ce qui les intéresse mais également ce qui intéresse les personnes avec lesquelles ils "partagent" l'abonnement. Si de plus c'est le serveur qui décide à qui envoyer l'information (via le E-Mail, par exemple) et non plus le client qui envoie son adresse IP au serveur, la fraude est encore plus fastidieuse. Certes, il est toujours possible de tricher, mais cela devient de plus en plus contraignant. |