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Le Network Computer selon MicrosoftLaurent POULAIN |
| Retour au Sommaire | Ce n'est un secret pour personne, un parc de
PC est un enfer à administrer et coûte au
bout du compte fort cher. En effet, le taux
d'obsolescence des PC de plus en plus rapide (voir
à ce sujet dérapage
de la micro-informatique) et le coût des
licences revient cher. C'est dans ce contexte que le
concept du Network Computer ou NC a suivi son petit
bonhomme de chemin, promettant de résoudre
facilement ces deux problèmes.
Conscient de la polémique autour du PC soulevée par le Network Computer, Microsoft s'est décidé à fournir à ses clients deux solutions: le NetPC et Windows NT en version multi-utilisateurs. Mais, en fait, ces solutions ne corrigent qu'un des problèmes, et occultent discrètement l'autre. Ce qui existait avant l'apparition du NCLes administrateurs systèmes n'ont bien évidemment pas attendus l'arrivée du NC pour se simplifier la vie. Outre les nombreux logiciels permettant l'installation automatique sur un parc entier de PC, une astuce consiste à installer les logiciels sur un unique serveur de fichier, les postes clients y accédant depuis. De cette manière, non seulement l'administration est simplifiée, mais le coût de revient diminue également, car il n'y a plus qu'à installer une licence sur quelques serveurs de fichiers. Bien évidemment, certains éditeurs de logiciel - Microsoft en tête - ont vite réagis. Si certains éditeurs comme Corel proposent une licence serveur avec un nombre de postes illimités, il n'en n'est pas de même avec le géant de Redmond qui a petit à petit ajoute de plus en plus de contraintes. Il est même maintenant techniquement impossible d'utiliser une telle architecture, MS-Office 97 nécessitant la modification des registres systèmes pour pouvoir fonctionner correctement. Le NC compatible WindowsLe NC présenté par Oracle, s'il pose les bonnes questions, ne propose pas les bonnes solutions. En effet, les solutions qu'ils proposent sont toutes complètement incompatibles avec l'existant. Autrement dit, il faudrait non seulement remplacer le parc entier de PC par des NC, mais également remplacer tous les outils bureautiques (il y a peu de chances que Microsoft adapte MS-Office pour les NC) et, pire encore, reformer tout le personnel aux nouveaux logiciels. En fait, le NC est plus une opération médiatique afin de se faire de la publicité, mais cela est une autre histoire. Cependant, il existe deux types de solutions de "Network Computer" proposées qui ont l'avantage de garder la compatibilité avec Windows:
Si le NetPC n'est encore qu'annoncé, la solution Windows NT multi-utilisateurs est bel et bien présente, et déjà exploitée. A tel point que Microsoft vient de passer des accords avec Citrix et Prologue afin d'utiliser la technologie de ces derniers et sortir ainsi sa solution "officielle" de Windows NT multi-utilisateurs. Le Network Computer selon Microsoft: Avantages et inconvénientsSi les deux solutions prônées par Microsoft proposent indéniablement des améliorations sur le plan de la facilité d'administration, il n'en n'est pas forcément de même pour le prix de revient. En effet, si une entreprise économise sur le coût des PC, cela se fera au détriment de trois types de protagonistes possibles:
Si la solution du NetPC ne change rien pour personne (la seule modification majeure intervenant sur la partie logiciel), il n'en n'est pas de même pour la solution Windows NT multi-utilisateurs. Les éditeurs de logicielAvec la politique de prix actuelle, les entreprises n'ont qu'à payer la licence des logiciels sur le serveur. Cependant, comme il est peut probable que Microsoft accepte de diminuer ses revenus, il sera donc amené à modifier sa politique de tarification. Avec ces deux solutions de Network Computer, le géant de Redmond peut même contrôler encore plus facilement les licences installées. Dans la mesure où c'est un logiciel Microsoft dédié qui "distribue" les applications sur le réseau, il peut tout à fait refuser la distribution si son quota de licences est dépassé. Il est fort possible que Microsoft propose dans un premier temps une politique de tarification "administrator-friendly", quitte à augmenter les prix plus tard, comme il l'a déjà fait par le passé. Bref, les entreprises n'économiseront pas sur le logiciel. Les fabricants de PCSi Microsoft n'est pas directement impliqué par le coût matériel, il n'a pas forcément intérêt à se mettre à dos les constructeurs de PC, alliés de longue date du géant de Redmond. Car ceux-ci rapportent déjà beaucoup au géant de Redmond en payant les coûteux logos "Designed for Windows 95". Si Microsoft veut compter sur leur soutien lorsqu'il sortira son PC 98, il ferait mieux de les brosser dans le sens du poil. Cependant, Windows NT multi-utilisateurs ne joue pas forcément en défaveurs des constructeurs de PC. En effet, ceux-ci ont des marges très réduites sur les PC d'entrée de gamme, la guerre des prix faisant rage. La principale source de bénéfice vient des serveurs haut de gamme. Or des serveurs haut de gamme, il va en falloir pour faire tourner Windows NT multi-utilisateurs. Car avec cette architecture, toutes les applications sont exécutées sur le serveur, demandant des machines encore plus puissantes. Il n'est pas certain que les constructeurs de PC soient perdants. Le seul souci des vendeurs de PC serait la mainmise de Microsoft sur le PC. Alors que ces mêmes constructeurs s'étaient libérés du joug d'IBM en refusant le PS/2, ils retombent petit à petit sous un autre joug, celui du tandem Wintel. Les fabricants de composants de PCFinalement, les fabricants de composants peuvent avoir beaucoup à perdre avec l'architecture Windows NT multi-utilisateurs. Ce sont en effet les seuls vendeurs de matériel qui gagnent beaucoup d'argent sur les postes clients. Cependant, tous ne sont pas logés à la même enseigne:
En bref, les fabricants de composants sont trop peu à y perdre pour faire gagner de substantielles économies aux entreprises. ConclusionAvec ses deux solutions de "Network Computer", Microsoft se donne belle image pour résoudre les problèmes du PC. En fait, il n'en résout qu'un (la difficulté d'administration) afin de mieux occulter le deuxième (le prix de revient). |