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Internet, futur réseau de distribution?Laurent POULAIN |
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IntroductionUn réseau mondial tel qu'Internet peut avoir de nombreuses applications. L'une d'entre elles est sa possibilité à devenir un très puissant réseau de distribution. Par réseau de distribution je ne parle pas de serveur de commerce électronique sur le Web mais de l'utilisation d'Internet en tant que véritable réseau marketing. Jusqu'alors, de nombreux logiciels se sont vendus par cette pratique, dite du shareware. Est-ce que demain d'autres produits suivront la même voie? Qu'est ce que le shareware?Le principe du shareware consiste à décliner son logiciel en deux versions: une version de démonstration utilisable et la version complète. La version de démonstration (appelée shareware) est complètement gratuite. Les auteurs encouragent même à la distribuer le plus possible (share en anglais). Afin d'inciter l'utilisateur à acheter la version complète (la version shareware contient un formulaire d'achat ainsi que l'adresse où envoyer l'argent), la version shareware comprendra généralement des fonctionnalités limitées, une durée limitée dans le temps ou un ennuyeux message de rappel lors du lancement du logiciel. Le principe du shareware est d'utiliser les utilisateurs eux-mêmes comme réseau de distribution. Il est évident que les BBS puis Internet ont joué un rôle prépondérant dans le phénomène shareware. Quels types de logiciels sont concernés?Les logiciels shareware couvrent tous types de domaines, des jeux aux utilitaires. Leur seule limitation est qu'il faut qu'ils puissent être facilement copiable. Inutile donc d'espérer un jeu shareware contenant 6 Go d'animations ou un traitement de texte aussi touffu que MS-Office. De même, les logiciels demandant un grand nombre d'hommes/années sont généralement à exclure, les éditeurs de shareware étant généralement de petites structures. Avantages du sharewareL'avantage du shareware pour le client est évident: cela lui évite de gaspiller son argent en un logiciel qui n'a de fantastique que l'emballage (combien d'éditeurs ont acheté des coûteuses licences de films pour sortir des jeux bâclés). Il a la possibilité de tester d'abord le logiciel et ne l'achète que s'il lui convient pleinement. Avec le shareware, pas de mauvaise surprise. Autre avantage pour le client, une certaine qualité, le bouche à oreille (ou dans ce cas le disquette à disquette) faisant office de filtre. En effet, un utilisateur qui récupère un shareware de piètre qualité aura peu tendance à le faire passer autour de lui. L'avantage pour l'éditeur est également au rendez-vous. En effet, il n'a pas besoin de passer par un coûteux réseau de distribution traditionnel. L'éditeur n'a donc aucun frais de publicité ni de revendeur. Le shareware permet à n'importe quelle petite structure (voire à des particuliers) de pouvoir publier ses créations, aussi modestes soient-elles. Dans beaucoup de cas, un éditeur traditionnel refusera de publier des produits ayant un marché potentiel trop restreint. Le shareware, parent pauvre du logiciel?Contrairement aux idées reçues, le shareware n'est en aucun cas un logiciel de seconde classe, bien au contraire. Il faut bien se rendre compte qu'une compagnie de logiciel multi-milliardaire utilisera grosso-modo le même matériel et les mêmes outils qu'un amateur programmant seul dans son coin (sauf peut-être pour certains jeux faisant carrément appel à Hollywood). Certes, l'amateur possédera peut-être un ordinateur un peu plus lent, mais ce détail n'influe aucunement sur la qualité du logiciel. La seule différence est le temps passé et la compétence. Si sur le premier point les grosses compagnies ont l'avantage (elles peuvent se permettrent de mettre une armée de développeurs sur un projet), les auteurs de shareware ont souvent l'avantage sur le second point, certains d'entre eux étant de véritables fanatiques travaillant jour et nuit à optimiser leur code. Certains jeux shareware comme Doom ou Duke Nukem 3D sont devenus des véritables phénomènes de sociétés (un régiment de marines utilise même une version modifiée de Doom II pour une partie de l'entraînement de ses hommes). Dans le domaine de la bureautique, Mcafee (leader des logiciels anti-virus) s'est fait connaître via le shareware. Autre exemple à la limite du shareware: Linux (1). Ce clone d'Unix, crée à l'origine par un étudiant finlandais, a fait le tour du monde et est reconnu mondialement comme de qualité au moins équivalente aux Unix commerciaux. Linux est issu d'une coopération à l'échelle planétaire: il a été implémenté par des centaines de personnes réparties dans le monde entier, la plupart ne s'étant jamais rencontrées. Ceci a permit de rattraper l'avantage qu'ont les grosses compagnies de pouvoir rassembler une armée de développeurs. Version de démonstration ou shareware?On peut alors se demander la nuance entre le shareware et les versions de démonstration qu'on trouve sur les CD de beaucoup de revues informatique. Bien que fine, elle existe quand même. Un shareware se partage (d'où son nom) et est donc facilement copiable. Un logiciel de démonstration - comme on en trouve sur de nombreux CD gratuits - n'est au contraire pas fait pour être copié. L'avenir du sharewareSi le shareware fait fureur dans le monde de l'informatique, il se peut même qu'il s'étende à d'autres domaines, à savoir la musique et la vidéo - quand les débits seront au rendez-vous. En effet, le shareware s'applique à tout type de produit pouvant être facilement copié, et dans notre cas véhiculé sur un réseau. Les avantagesLes avantages sont encore et toujours les mêmes: permettre au consommateur de tester les produits au lieu d'acheter aveuglément, et permet à n'importe quel artiste de pouvoir se faire connaître sans devoir passer par la ô combien difficile étape qui consiste à trouver une maison de production. Car le bouche à oreille est sans doute l'un des meilleurs réseaux marketing (du point du vue du client). Prenons par exemple le film belge "c'est arrivé près de chez vous", réalisé avec des bouts de ficelles, qui n'a du son succès que grâce au bouche à oreille. Ce qu'il manqueMais si la musique et le cinéma ne se sont pas encore jetés sur le phénomène shareware, c'est parce qu'il existe des raisons:
(1) Linux n'est ni un shareware ni un freeware mais un produit librement distribuable. Cependant, son mode de distribution initial l'apparente à la famille des shareware. |