Acteurs et Alliances des Futures Autoroutes de l'Information (Carte de ce dossier)

Le Contenu


Retour au Sommaire Que ce soit des chaînes de télévision ou des services interactifs, c'est le contenu que l'on vend au client. Particularité de ce secteur, deux compagnies du contenu ne sont pas forcément concurrentes. Si elles touchent un public différent (comme TF1 et Arte) ou un marché différent (comme l'industrie du disque et celle de la télévision) elles sont même complémentaires.

Les sous-secteurs

Mais avant d'identifier les acteurs susceptibles d'avoir le poids nécessaire pour s'engager dans l'arène, étudions d'abord les sous-secteurs qui définiront le contenu des futures Autoroutes de l'Information. Ainsi, le contenu est principalement divisé en trois types, qui sont d'ailleurs déjà expérimentés sur le Web à l'heure actuelle, à des degrés plus ou moins divers (voir à ce sujet le dossier Les sites Web qui marchent):

  • des services,
  • l'information payante,
  • l'audio/vidéo.

Les Services

Les services regroupent tous types de services, allant de renseignements à la consultation de son compte en banque en passant par l'achât en ligne. Le type de service le plus répandu est la vente par correspondance. Les sites de VPC fleurissent aux Etats-Unis, et certains ont même de très bons bénéfices, dont le très célèbre site de vente de livres Amazon.com.

De ce côté-là, le but sera plus d'attirer les nombreux petits commerces pouvant proposer leurs services sur le Web que de s'associer à tout prix avec des gros du secteur. Il y a peu de chance de voir émerger un acteur majeur de ce côté.

L'information payante

L'information payante regroupe tous types de documents (au sens le plus large du terme) payants et est principalement professionnelle (ce qui est toujours un marché juteux).

L'information payante la plus en vogue à l'heure actuelle est l'information boursière en temps réel. C'est en effet une information facile à récupérer et justifiant son prix, car pouvant retourner de substantiels bénéfices. Mais il est fort possible que d'autres types d'informations payantes voient le jour. Par exemple, de nombreuses entreprises cherchent actuellement sans succès des renseignements sur le secteur qu'elles occupent.

Là encore, le but sera principalement d'attirer les entreprises spécialisées dans un domaine. Là encore, ce ne sont pas les acteurs de ce milieu qui pourront avoir un poids significatif sur le marché des Autoroutes de l'Information.

L'Audio/Vidéo

Ce type de contenu, encore à l'état expérimental, devrait permettre aux clients de pouvoir voir/écouter leur film vidéo ou leur tube préféré à la demande (en pay per view ou en forfait). C'est le domaine où les avancées sont les moins flagrantes, du fait des faibles débits actuels. Mais toutes les compagnies informatiques impliquées sur le Web recherchent des solutions et mettent au point des normes pour le transfert d'audio/vidéo sur le Web.

En général, toutes les entreprises apportant du contenu audio/vidéo (télévision par câble ou par satellite, magasins de location de cassettes vidéo ou de CD audio) ne peuvent ignorer ce futur marché. Car, si demain tout le monde peut commander ses films à volonté sans sortir de chez soi, ces compagnies devront s'adapter rapidement.

Contrairement aux deux précédents types d'acteurs, les compagnies proposant de l'audio/vidéo peuvent avoir une influence dans la partie. En effet, des grosses compagnies possédant quelques studios de cinéma, un boite de production musicale, quelques chaînes par câble et de nombreuses séries ou émissions télévisées peuvent proposer une gamme de produits suffisamment variée pour avoir un poids significatif. De plus, la vidéo à la demande a toutes les chances d'être le service qui attirera le plus le grand public. En effet, ce service est proche de la télévision qu'il connait, alors qu'il n'a qu'une vague idée de ce que peuvent proposer les services de télévision interactives.

Parmi les compagnies ayant un poids significatif sur ce secteur, on trouve les compagnies qui possèdent les gros studios d'Hollywood: Sony (Tri-Star, Columbia Pictures), Viacom (Paramount), la Walt Disney Company (Touchstone Pictures, Buena Vista), News Corp. (20th Century Fox) ou encore Time Warner (Warner Bros).

En France, des exemples de gros du contenu sont Bouygues (TF1, LCI), Vivendi (Canal+) et les cinémas Gaumont.


Un problème de réglementation

Mais l'arrivée de contenu payant disponible sur un réseau international n'est pas sans poser de nombreux problèmes d'ordre financier. En effet, le problème de la taxation des transactions sur le Web est levé.

Les Etats-Unis essaient de faire qu'Internet soient une gigantesque zone duty-free sans la moindre taxe. L'Europe, elle, y est farouchement opposée. Les choix de chacun sont bien évidemment justifiés: les Etats-Unis ayant de faibles taxes (une TVA de 8% y est considérée comme forte) et espérant bien que leurs entreprises soient leader sur ce nouveau marché, ont tout à y gagner. L'Europe, dont la TVA est une des premières sources de revenus, a tout à y perdre.

Mais taxer les transactions sur Internet soulève un autre problème: comment contrôler la fraude? En effet, le nombre croissant de colis en provenance de l'étranger étant croissant, il est fort difficile de tous les vérifier, et il est à parier que fort peu de vendeurs par VPC désireront déclarer à la douane de tels colis. Pour tout contenu non matériel (document, audio/vidéo), le contrôle devient quasiment impossible.


Laurent Poulain - Les acteurs et alliances des futures Autoroutes de l'Information