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Acteurs et Alliances des Futures Autoroutes de l'Information (Carte de ce dossier) Les Opérateurs TélécomTechnologies alternatives |
| Retour au Sommaire | Dans le monde de la téléphonie, le dernier
kilomètre est le plus long. Car si les investissements
dans les réseaux longue distance sont conséquents, le
coût que représenterait la construction d'un réseau
local alternatif est prohibitif. Cela correspondrait en
effet à tirer un câble vers chaque abonné potentiel,
sans compter les coûteux travaux de voierie. On estime
à l'heure actuelle, le déploiement d'une boucle locale
coûte 1 MF / km. Mais le besoin existe pourtant. Pour les concurrents de France Télécom, de BT et autres Baby Bells, tout d'abord, qui sont à l'heure actuelle obligés de reverser des coûts d'interconnexion pour pouvoir utiliser le réseau local existant. Pour les géants établis ensuite, qui ne peuvent pas fournir à leurs abonnés des services de transfert de données à haut débit. C'est pour cette raison que plusieurs technologies alternatives sont apparues pour essayer de pallier à ce manque. Mais prévoir la technologie alternative qui prévaudra dans le futur est extrêmement difficile. Les réseaux satellites basse altitude ont par exemple été imaginés à une époque où personne n'avait prévu l'explosion du téléphone cellulaire, et se sont révélés très peu compétitifs face à ce dernier. Le câbleUn réseau de télévision par câble possède un double avantage: il est tout d'abord complètement indépendant du réseau local téléphonique, et permet ensuite des hauts débits. Aux Etats-Unis, où la télévision par câble est très présente, AT&T s'est engouffré dans cette voie afin de posséder son propre réseau local téléphonique. Le géant américain a en effet racheté les câblo-opérateurs TCI et MediaOne, et a passé des accords avec Time Warner pour utiliser le réseau câblé de ce dernier. En France, Lyonnaise Câble a essayé de founir un accès Internet à haut débit par le biais du réseau câblé qu'il gère à Lyon et à Paris. Il s'est cependant heurté à France Télécom qui possède le réseau câblé parisien et qui à ce titre a tout fait pour mettre des batons dans les roues de Lyonnaise Câble. Mais cette technologie n'est pas sans inconvénient. Car on ne convertit pas un réseau de télévision par câble en un réseau téléphonique d'un coup de baguette magique. En particulier, les réseaux câblés américains étant relativement vieux, ils nécessitent de lourds investissements pour pouvoir être utilisés à des fins de télécommunications. Les investissements restent nettement moins onéreux que s'il fallait redévelopper un réseau local. Le satelliteLa technologie la plus sexy est sans conteste le réseau de satellites basse altitude. En déployant un réseau de satellites basse altitude, on peut alors couvrir le monde entier, l'abonné pouvant contacter directement le satellite avec un téléphone spécialisé (lorsqu'aucun réseau cellulaire n'est disponible). Les trois principaux consortium ayant proposé une telle offre ont été Iridium, GlobalStar et Teledisc. Mais cette technologie est encore loin d'avoir rencontré un franc succès. Avec un téléphone mobile à la fois encombrant et cher (près de 20000 FF) et des coûts de communication de quelques dizaines de francs la minute, un tel service reste cantonné à des marchés de niche extrêmement ciblés. Iridium, le premier consortium sur le marché, a essuyé les plâtres, et a déposé le bilan en Mars 2000. Le boucle locale radioLa boucle locale radio a pour principe de s'appuyer sur le réseau de bornes cellulaire plutôt que sur le réseau local traditionnel. Au lieu de tirer un câble vers chaque abonné, il suffit de relier les bornes cellulaire qui constituent le réseau. Cette technologie n'est pas à proprement parler une nouveauté dans la mesure où le cellulaire concurrence deja la téléphonie fixe. Par exemple, les cabines téléphoniques sont de moins en moins utilisées. De même, de nombreuses personnes ont résilié leur contrat avec France Télécom pour ne plus utiliser qu'un mobile. Plusieurs pays sont en train d'essayer cette technologie. En France, l'ART a autorisé plusieurs opérateurs à effectuer des tests qui devraient durer plus d'un an. Mais il faudra encore quelques années avant que le particulier puisse bénéficier de la boucle locale radio. ADSLLa technologie ADSL (pour Asynchronous Digital Subscriber Line) permet de fournir des débits élevés sur un réseau téléphonique traditionnel. Si cette technologie nécessite toutefois une "borne" ADSL sur le réseau local, elle ne demande aucune modification du côté du client, si ce n'est l'utilisation d'un modem ADSL. Plus la borne est proche du client, plus les débits peuvent être élevés (de 768 Kb/s à 2 Mb/s). Aux Etats-Unis, plusieurs telcos proposent dés à présent une offre ADSL - bien que tout le pays soit encore loin de pouvoir bénéficier de cette technologie. America Online a à ce titre passé des partenariats avec plusieurs opérateurs afin de proposer une offre ADSL à ses abonnés. BT et France Télécom ont sorti leur offre ADSL dans leurs pays respectifs - et sont tous deux accusés d'empêcher la concurrence de pouvoir fournir une offre similaire. Laurent Poulain - Les acteurs et alliances des futures Autoroutes de l'Information |